40 ans des sciences de l’éducation, A. Vergnioux (dir. C’est précisément le nombre, le caractère plus ou moins formalisé et la durée de ces phases qui caractérisent une démarche de recherche. Sans doute la comparaison, à quelque niveau que ce soit, invite-t-elle à distinguer des types de recherches. 73Dans l’accompagnement de la professionnalisation, les différences entre les critères de validation de la pratique et ceux de la recherche (pertinence par rapport à la situation vs. réfutabilité des savoirs scientifiques), et l’évaluation de leurs produits (efficacité de l’action vs. acceptabilité des résultats de la recherche) n’indiquent-elles pas qu’il s’agit là de deux activités par essence incompatibles ? Entre ces deux types d’objets, des positions intermédiaires sont possibles. 5Cette présentation exprimant un point de vue personnel qui n’a pas l’ambition de représenter le point de vue des chercheurs en sciences de l’éducation, il m’a paru nécessaire (parce que plus « honnête »…) d’associer à cette réflexion un(e) chercheur(e) en sciences de l’éducation. le dépassement d’une approche spontanée par une analyse réflexive et critique de l’activité déployée par le chercheur lui-même. 7Qu’est-ce qu’une recherche en éducation ? Une question simple, point de départ –et prétexte- à la réflexion, permettra de conjuguer simultanément cette double exigence, informative et réflexive : « Quels sont les différents types de recherches en sciences de l’éducation ? 50Si l’on définit une opération de collecte ou de recueil d’informations comme la mise en œuvre d’une technique visant à construire des données à partir de sources empiriques préalablement sélectionnées dans la réalité [34], on est amené à distinguer à un premier niveau trois familles d’outils : les restitutions (verbales ou graphiques), les tests et les observations en situation. Il s’agit de travaux de synthèse rédigés en 1985, 1993 et 2001 connus sous l’intitulé de « Brochures bleues » et dont la dernière version porte le titre : BEILLEROT Jacky, « La “recherche”, essai d’analyse », Voir notamment à ce sujet Richard Rorty et son, L’acteur n’est pas absent chez Bernard Charlot lorsqu’il écrit que les «. 8Dans un ouvrage récent, André Robert fournit une définition concise de la recherche, qui en pose les fondements : « L’activité de recherche [peut être] saisie comme activité intellectuelle de production de connaissances nouvelles et cumulables, dans un espace de problématisation sociopolitique » [3]. Le français n'est visiblement pas la langue maternelle de variety jones qui semble faire un effort pour s'exprimer. Le mouvement de professionnalisation engagé conduit à reconnaître que l’exercice de ces professions requiert au-delà des savoirs académiques, une autonomie au travail qui prend appui sur des compétences d’observation, d’analyse des situations, de détermination de stratégies complexes combinant des moyens techniques et des aptitudes relationnelles. Entre ces deux extrêmes, toute position intermédiaire est concevable, traduisant le degré d’ouverture du questionnement. 44Au-delà de cette définition, ce sont les caractéristiques du questionnement qui sont les plus importantes. La place de la recherche dans la formation des enseignants, Actes du colloque. Alors que débute la période intensive de demandes de subventions pour les chercheurs du Québec et du Canada, tandis que plusieurs étudiants s’appliquent à présenter des demandes de bourses, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant de partager une 2Or un tel état des lieux a déjà été réalisé, notamment par l’Association des enseignants et chercheurs en sciences de l’éducation (AECSE) au travers de leurs « brochures bleues » [2]. Un exemple : l’analyse catégorielle d’un entretien, qui consiste à regrouper en catégories des éléments de discours puis à dénombrer ces unités d’enregistrement au sein de chaque catégorie. Le scepticisme et le relativisme prennent leur source dans cet écart. Décrire, évaluer, modéliser… La restitution de la réalité pourra prendre des formes diverses. Méthodologie de recherche : Comprendre et maîtriser le processus de recherche Page 1 Contenu Mémoire - 60 pages - Sciences de l'éducation. 55Au total, outre les aspects techniques de l’écriture, -dont, répétons-nous, nous ferons l’économie ici-, ce qui paraît essentiel dans la restitution de l’information, c’est le degré de similitude entre la mise en forme de l’information construite et la forme de la démarche de recherche (notamment au niveau des problématiques construites et des structures adoptées) ; ce degré de symétrie plus ou moins marqué étant directement lié à la démarche adoptée. La recherche professionnelle entre deux habitus. https://www.neoprofs.org/t129040p100-est-ce-que-vos-valeurs-influencent-votre-metier-d-enseignant#4982071. Financement. Dans la formation à la recherche des professionnels, ce clivage redouble celui qui existe entre « le terrain » et la formation - supposée exclusivement théorique - reçue dans l’institution. Cela se résume à considérer que toute recherche est une activité singulière, originale, identifiable par un ensemble de caractéristiques au sein de dimensions multiples. Or, une telle perspective n’est pas neutre : elle est sous-tendue par une certaine conception de la recherche et de la méthodologie. Par exemple, les recherches dites « praxéologiques » sont définies à partir de l’axe des finalités, sur lequel elles occupent une position particulière caractérisée par la simultanéité de deux activités : la transformation d’une situation-problème et la production de connaissances. 58Une recherche a été présentée comme un travail original de production de savoir. Méthodologie de recherche en sciences de l’éducation. 56En nous interrogeant sur les types de recherche en sciences de l’éducation, nous avons suivi quatre orientations : 57Mais, s’il nous paraît effectivement plus pertinent de présenter des recherches à travers des dimensions multiples, cette orientation fournit, en l’état, une vision très éclatée de la recherche. Comment faire une recherche en Sciences de l’éducation (la méthodologie de la recherche) ? Françoise Clerc, professeur en sciences de l’éducation à l’Université Lumière-Lyon2, apportera ainsi son point de vue sur des aspects particuliers de la question. Ce point de vue, pour le moins classique, met en scène un aspect fondamental de la recherche : le questionnement initial. Métiers de la relation. Laissons-lui la parole. Lisez notre article sur les codes Holland. Une représentation de la réalité en résulte, d’où se dégage une problématique originale (sans doute proche de celle(s) qui ont été utilisées précédemment mais pas nécessairement identique(s)). 26Mentionnons également l’existence de quelques Unités mixtes de recherche (une UMR regroupe des universitaires et des chercheurs « temps plein ») ou d’unités de recherche dépendant directement du CNRS comme l’Institut de recherche en économie de l’éducation de Dijon (IREDU) particulièrement investi dans les études à l’étranger, notamment dans les pays en voie de développement. It is filled with translated abstracts and articles from key French-language journals. 28Entre ces positions extrêmes existe une multitude de situations qui se caractérisent par des implications institutionnelles, financières, cognitives et affectives faisant partie intégrante de la recherche. Confrontées à cette question, les sciences de l’éducation se trouvent à la croisée des chemins. Or, est-il possible de concevoir une recherche qui ne s’inscrive, stricto sensu, que dans une seule catégorie ? 63Les professions de l’humain (éducation, enseignement, formation, santé, travail social) subissent depuis une vingtaine d’années une évolution profonde qui trouve sa traduction dans de nouvelles modalités de formation, notamment par l’introduction d’une formation à la recherche. ), notamment la question de la singularité qui renvoie à la question du caractère. Dans la suite du texte, pour alléger l’écriture nous ne mentionnerons que le vocable « recherche en éducation » bien que tout ce qui suit concerne à la fois l’éducation et la formation. Choisir une méthode et une technique de recherche en lien avec le problème défini. La méthodologie des sciences humaines est l’étude de ces procédures. 46A cette première dimension s’ajoute le « degré d’ouverture d’un questionnement ». Vous n’êtes actuellement pas connecté(e) en institution. 59Mais cette liberté ne doit pas occulter un souci de rationalité et de rigueur. S’y trouvent posées de manière assez semblable les questions de la scientificité, des rapports entre production de savoir et développement des pratiques, de la singularité de toute recherche -confrontée paradoxalement à des exigences communes de rationalité- de la relation entre soins et sciences infirmières (qui ne sont pas sans rappeler la relation entre pédagogie et sciences de l’éducation)… Ce parallèle que nous laisserons faire au lecteur est un des prolongements possibles de ce texte. 29D’une manière générale, si l’Ecole est historiquement l’objet central de la recherche en sciences de l’éducation, le champ des recherches le déborde aujourd’hui largement : « A l’heure actuelle, le champ des sciences de l’éducation s’étend au-delà du secteur scolaire et les recherches entreprises portent sur les problèmes d’éducation et de formation qui ne sont pas seulement du ressort du ministère de l’Education » [21]. Une telle définition recouvre la grande pluralité des formes de recherches évoquées plus haut. Mais cette originalité (sensible au travers du cheminement suivi, la méthode) s’exprime comme un positionnement spécifique sur l’ensemble des variables présentées plus haut, elles-mêmes identiques pour toute recherche. La communication de la recherche constitue ainsi une phase autonome du travail, obéissant à des règles propres. Nathan, enfant ayant un trouble autistique, sort de la voiture qui le conduit avec sa maman à l'enterrement de son papa. le champ de la finalité (la recherche vise un but). 30Mais, parallèlement à la nature des objets et des thématiques, c’est « l’amplitude » du champ d’investigation qui doit être prise en compte. Sur la question de la clinique, nous ne saurons trop conseiller de lire le remarquable texte de Michel LEGRAND (. Témoin l’inventaire que dresse l’AECSE des « grandes thématiques de recherche » : « les processus d’apprentissage, les savoirs, les pratiques enseignantes, les pratiques éducatives, les usages éducatifs des technologies et des instruments de traitement de l’information, les didactiques des disciplines, la formation des adultes et l’éducation permanente, l’évaluation, l’éducation et la socialisation, les systèmes éducatifs et de formation, les politiques éducatives, les professions de l’éducation et de la formation, l’orientation scolaire et professionnelle, l’enseignement supérieur, l’éducation familiale, le travail social, l’animation socioéducative, la médiation culturelle, l’éducation à la santé… ». On peut ainsi considérer qu’il existe des distances épistémologiques plus ou moins marquées entre des recherches modélisées sous la forme de configurations. Nous tenterons ainsi de mettre en lumière des points d’ombre de cette pédagogie, souvent présentée dans sa dimension militante, mais rarement questionnée du point de vue épistémologique dans le champ des sciences de l’éducation. 49Pour l’AECSE, « selon les choix méthodologiques opérés, le recueil de données peut utiliser les outils suivants : l’entretien. Quelles sont les limites de ces typologies ? Elle traduit ainsi une manière « d’approcher » la réalité, en référence aux orientations épistémologiques du chercheur qui trouvent dans la situation de recherche un terrain d’application. 37Ces mises au point étant faites, revenons aux démarches de recherche et, plus précisément, à celles qui sont mises en œuvre en sciences de l’éducation, telles que les présente l’AECSE. Au nombre d’entre elles, faisons tout d’abord référence à celle présentée par l’AECSE, avant de discuter des limites épistémologiques du principe même de la typologie. De telle sorte que, caractériser une recherche précise, c’est en rendre compte sous la forme d’une configuration particulière au sein de cet ensemble de dimensions. Dans les professions de l’humain, qui ne sauraient se réduire aux seules interventions techniques, « l’incorporation des savoirs professionnels dans l’habitus » (PERRENOUD, id.) Voir à ce sujet : TOMAMICHEL S., « La recherche empirique en éducation » in LE BOUEDEC G. et TOMAMICHEL S. Un bref retour sur « la naissance et les incertitudes » de lexpression « sciences de léducation » (ch.1) permet à Mialaret de rappeler comment sest posé historiquement le problème épistémologique de leur « scientificité ». 12On voit ici que ce qui est posé comme un impératif, un « label » de scientificité –dans la conception « bachelardienne » qui sous-tend la définition proposée par A. Robert-, est seulement un but vers lequel tend la recherche en sciences de l’éducation.« Avoir l’intention de… », « tendre à… », « accepter le principe de la rigueur… S’agit-il de construire un corps d’hypothèses définies, requérant d’être vérifiées ou infirmées dans un esprit expérimental ? Ce faisant, nous avons prolongé, mais cette fois de manière plus dissociée, l’état des lieux des recherches. En acceptant des démarches itératives, on s’autorise à remodeler son questionnement et, éventuellement, à l’enrichir d’une phase à l’autre. Sur un premier axe, sont distinguées, d’une part, « les recherches au sens canonique, du type de la thèse, qui supposent un travail approfondi sur la littérature, la construction d’un objet à travers une problématique, une méthodologie permettant un recueil et une analyse de données » et, d’autre part, « des investigations qui, sans obéir à toutes les exigences d’une recherche universitaire, n’en constituent pas moins des formes spécifiques de recherche, pourvu qu’elles se soumettent à trois conditions minima : une production de connaissances nouvelles ; une démarche rigoureuse ; une communication des résultats en vue de leur discussion critique » [15]. Elle se prolonge par un phase de traitement de données au même titre que des données issues d’une entretien par exemple doivent être traitées. Très classiquement, la structure d’un texte restituant une recherche s’articule (en dehors d’une introduction et d’une conclusion…) autour de trois temps : la problématique (exposé du problème et du cadre théorique dans lequel il prend sens), la méthodologie (présentation et discussion des moyens mis en œuvre pour répondre aux questions de recherche) et les résultats faisant l’objet d’une interprétation. 21Est-ce à dire qu’une telle typologie est aberrante ? Vladimir Arnold. ), Sur un autre plan, l’existence même d’une catégorie «. Quant à « l’étude de cas », n’est-elle pas davantage une approche de la réalité qui se caractérise par la singularité de son objet, qu’une méthode ou une technique de recueil de données ? 65Les professionnels non seulement utilisent les savoirs théoriques issus de la recherche pour penser leur action, mais ils participent au mouvement de production des savoirs. 82La dimension sociale : la confrontation entre deux habitus (professionnel et de recherche) doit permettre une meilleure explicitation des usages dans l’un et l’autre champs de pratiques et d’en repérer les structures. [22]. C’est pourquoi, François Clerc interviendra, à titre d’un prolongement, sur la question de la recherche et de la formation et de la professionnalité, exprimant à cette occasion une conception différente de la recherche. Méthodologie de la recherche en sciences de gestion Réussir son mémoire ou sa thèse Cet ouvrage donne des bases rigoureuses pour bien aborder un travail de recherche (construire un objet de recherche, choisir et/ou croiser les méthodes de collecte des données et les méthodes d'analyse des données, synthétiser et rédiger les résultats). Actualités françaises Education / Enfance. 17Le texte de référence rédigé par l’AECSE révèle en fait une double classification. normalisation et validation des procédures d’investigation au sein d’une communauté scientifique. Recherche en sciences de l’éducation L’eye tracking est l’outil idéal pour comprendre les processus d’apprentissage, mesurer les charges mentales de l’apprenant, et pour évaluer l’efficacité des stratégies pédagogiques afin de les optimiser. Pour tenter d’y voir clair et de se repérer, les sciences de l’éducation n’ont pas échappé à la tentation de la typologie, mode d’appropriation de la réalité extrêmement utilisé, quel que soit le domaine sur lequel porte la réflexion. Bornons-nous à mentionner, par exemple, qu’une observation participante peut révéler de nombreux aspects « cliniques », de la même manière que l’étude d’un cas singulier, caractéristique d’une « posture clinicienne », comme la nomme pertinemment Michel Legrand, peut revêtir un aspect expérimental [30]. La formation à la recherche comporte nécessairement une dimension sociale liée à l’entrée dans une forme de professionnalité nouvelle qui ne saurait se réduire aux aspects rationalisés que les chercheurs donnent volontiers à voir aux non-chercheurs. Quels sont les types et les typologies les plus généralement présentés ? L’ambiguïté de la typologie présentée réside dans la collusion des critères et des positions sur les critères. 80L’imposition d’une démarche prédéfinie ne peut que le priver d’une expérience décisive dans sa construction professionnelle. 1.8-Traités en sciences de l'éducation, 38. C’est vers une vision plus synthétique que nous revenons maintenant. [33] Si les trois premiers types de recueil peuvent effectivement être considérés comme des outils de collecte de données, le terme de « recherches sur documents » n’est-il pas trop vague pour désigner une opération définie (quel type de « recherches » ? par e-Wanderer le Sam 6 Juin 2020 - 15:49, par Pointàlaligne le Sam 6 Juin 2020 - 17:59. Au lieu d’une vision analytique qui dissocie des types ou des formes, nous considérons qu’une recherche est une activité complexe et systématiquement originale, qui, pour être définie, mobilise une pluralité de dimensions ; activité occupant sur chacune de ces dimensions, une position précise. Minorités linguistiques et ethnoculturelles Motivation et persévérance scolaires. C’est ainsi que la rhétorique dominante dans la formation à la recherche relève du « répertoire empiriste » (GILBERT et MULKAY, 1984, cité par BOURDIEU, 2001). Une « pédagogie ouverte » doit proposer un accompagnement de l’apprenti chercheur dans son itinéraire intellectuel et dans son développement personnel. Il est sans doute plus original d’insister sur la distinction entre logique de communication (ou logique rhétorique) et logique d’investigation. Le colloque « Chercheurs et praticiens dans la recherche » (Lyon, novembre 2004) a abondamment montré que, loin des réticences du néo-positivisme, un courant très bien représenté de la recherche en sciences de l’éducation attribue aux praticiens, le statut de partenaires « sujets » dans la recherche pour définir les objets d’étude et rendre compte de leurs activités. L’expression « questionnement d’une recherche » ne désigne donc pas le seul et unique point de départ à partir duquel se construit toute recherche, mais le résultat d’un travail permettant de démarrer une phase de recherche et qui peut se reproduire à plusieurs reprises au cours d’une recherche.