Nous ne trouvons pas, il est vrai, de temps avant elle, selon cette parole : « La sagesse a été créée la première (Ecclési. Pilkington, M.A., Vicar of St. Mark’s, West Hackney; And Sometime Clerical Secretary of theBishop of London’s Fund. Mais d’où vient que sans cesse ce mot nous frappe l’oreille : Laissez-le, laissez-le faire ; il n’est pas encore baptisé ? On qualifie de manière imprécise d'augustins l'ensemble des clercs réguliers vivant selon les principes définis par un texte appelé règle de saint Augustin. mais vous aurez bientôt pitié. Mais toute connaissance qui varie est muable ; et ce qui est muable n’est pas éternel. Plus certaines et meilleures étaient ces premières leçons qui m’ont donné la faculté de lire ce qui me tombe sous les yeux, d’écrire ce qu’il me plaît, que celles où j’apprenais de force les courses errantes de je ne sais quel Énée, oublieux de mes propres erreurs, et gémissant sur la mort de Didon, qui se tue par amour, quand je n’avais pas une larme pour déplorer, ô mon Dieu, ô ma vie, cette mort de mon âme que ces jeux emportaient loin de vous. Je ne manquais pas, Seigneur, de mémoire ou de vivacité d’esprit ; votre bonté m’en avait assez libéralement doté pour cet âge. Et il en est ainsi, non-seulement du cantique lui-même, mais de chacune de ses parties, de chacune de ses syllabes : ainsi d’une hymne plus longue, dont ce cantique n’est peut-être qu’un verset ; ainsi de la vie entière de l’homme, dont les actions de l’homme sont autant de parties ; ainsi de cette mer des générations humaines, dont chaque vie est un flot. Ses premières années. Oui sans doute. Ce livre correspond à l'oeuvre complète de saint Augustin et ne comprend aucun commentaire pour aider le lecteur ce qui peut rendre certain passage ardu pour nous aujourd'hui. V, 21) ? Or je péchais ; car ce n’était point en lui, mais dans ses créatures, les autres et moi, que je cherchais plaisirs, grandeurs et vérités, me précipitant ainsi dans la douleur, la confusion, l’erreur. Sont-elles donc encore invisibles et informes, ces eaux dont nous admirons le limpide cristal ? Loin de moi cette pensée ! 4. Chapitre XXI, Explications différentes de ces mots : « la Terre était invisible. Lorsque la voix de votre Ecriture parle ainsi : « Dans le principe, Dieu créa le ciel et « la terre : or, la terre était invisible, informe ; et les ténèbres couvraient la face de « l’abîme (Ibid. Autre devise. Pourquoi donc haïssais-je ainsi la langue grecque, pleine de ces fables ? I, 8, 5), » et le divin Maître n’ignore pas quels sont les deux commandements où il a réduit la loi et les prophètes (Matth. que vous êtes secret, habitant des hauteurs dans le silence ! Car dès lors même, j’avais l’être, et havie, et le sentiment ; et je veillais à préserver cet ensemble de tout moi-même, ce dessin de l’unité si cachée par qui j’étais ; je gardais par le sens intérieur l’intégrité de tous mes sens, et dans cette petitesse d’existence, dans cette petitesse de pensées, j’aimais la vérité. Qu’êtes-vous donc, mon Dieu ? Mais malheur à qui se tait de vous ! Oui, qu’il se réjouisse ; qu’il préfère vous trouver en ne trouvant pas, à ne vous trouver pas en trouvant. Malheur aux péchés des hommes ! Mais vous, Seigneur, vous vivez toujours, sans que rien meure en vous, parce qu’avant la naissance des siècles et avant tout ce qui peut être nommé au delà, vous êtes, vous êtes Dieu et Seigneur de tout ce que vous avez créé ; en vous demeurent les causes de tout ce qui passe, et les immuables origines de toutes choses muables, et les raisons éternelles et vivantes de toutes choses irrationnelles et temporelles. Un juge équitable pourrait-il cependant approuver qu’un enfant fût châtié pour se laisser détourner, par le jeu de paume, d’une étude qui sera plus tard entre ses mains un jeu moins innocent ? XXVII, 1) ; » oh ! [27] » plaintes que je savais imaginaires ; mais on nous forçait de nous égarer sur les traces de ces mensonges poétiques, et de dire en libre langage ce que le poète dit en vers. Ceci, puis cela, telle est la pâture de la vicissitude ; mais le changement peut-il être où la forme n’est pas ? CXIII, 16), et la terre ; c’est-à-dire toute la nature apparente, y compris les corps célestes ; en un mot, le monde invisible et le monde visible. Ils savent que puisant en vous seul, chacune suivant la contenance et la propriété de son être, toutes les créatures sont très-bonnes, soit que, fixées auprès de vous, elles demeurent dans votre stabilité, soit que, successivement éloignées de vous par la distance des temps et des lieux, elles opèrent ou attestent cette splendide harmonie qui révèle votre gloire. « Or la terre était invisible et informe » espèce d’abîme profond, sur qui ne planait aucune lumière, chaos inapparent. Pas un mot qui me fût connu ; et puis, des menaces terribles de châtiments pour me forcer d’apprendre. homme plus fidèles aux lots de la grammaire qu’aux commandes de dieu. Je rassemble, je réunis ces vérités, et vois que ce n’est point une survenance de volonté en Dieu, qui a créé le monde, et que sa science ne souffre rien d’éphémère. car, placés l’un et l’autre au dernier échelon de l’existence, sont-ils comparables aux créatures supérieures, revêtues de gloire et de lumière ? Je crois bien qu’il en est ainsi de Virgile pour les jeunes Grecs, contraints de l’apprendre avec autant de difficulté que j’apprenais leur poète. Mais lequel des deux énonce le prophète, c’est ce que je ne vois pas de même ; sans toutefois douter un seul instant que, quelle qu’ait été la pensée de cet homme divin, que je l’aie ou non présentée, c’est la vérité qu’il a vue, son expression propre qu’il lui a donnée. et il fut (Gen. et qui serait donc l’artisan de lui-même ? 39. CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME. Ce vouloir m’était révélé par le mouvement du corps, langage naturel et universel que parlent la face, le regard, le geste, le ton de la voix où se produit le mouvement de l’âme qui veut, possède, rejette ou fuit. Edité par Flammarion (1993) ISBN 10 : 2080700219 ISBN 13 : 9782080700216. Si nous sommes à ce point informés de la vie de saint Augustin, cela est dû, pour l’essentiel, à cet écrit unique et exemplaire que constituent les Confessions. Jamais pauvre, vous aimez le gain ; jamais avare, et vous exigez des usures. insondable profondeur ! 41. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Oh ! Leur sentiment fût-il vrai, la témérité de leur affirmation n’est plus de la science, mais de l’audace ; elle ne sort pas de la lumière de la vérité, mais des vapeurs de l’orgueil. pourquoi donc refuserions-nous de concevoir, à la lumière de la vérité, que cette terre invisible et sans ordre, abîme de ténèbres, soit l’œuvre de Dieu, tirée du néant ; non coéternelle à lui, quoique le récit divin omette le moment de sa création ? Je vois clairement cette vérité en votre présence ; qu’elle m’apparaisse chaque jour plus claire, je vous en conjure ! Nous trouvâmes alors, Seigneur, des hommes qui vous priaient, et d’eux nous apprîmes à sentir, autant qu’il nous était possible, que vous étiez Quelqu’un de grand, qui pouviez, sans apparaître à nos sens, nous exaucer et nous secourir. Rien, en effet, rien qui lui fût inconnu dans la vicissitude des siècles, passés ou à venir tous seraient sous son regard, comme ce cantique, que je chante, est tout entier devant moi ; car je sais ce qu’il s’en est écoulé de versets depuis le commencement, et ce qu’il en reste à courir jusqu’à la fin. je ne serais point si je n’étais en vous, « de qui, par qui et en qui toutes choses sont [7].» Il est ainsi, Seigneur, il est ainsi. Chose impossible : car, point de temps, sans variété de mouvements, et point de variété, sans formes. » « Je n’entre point en jugement avec vous qui êtes la vérité [14].» « Et je ne veux pas me tromper moi-même, de peur que mon iniquité ne mente à elle-même [15]. Dans ses confessions, saint Augustin nous livre son chemin de foi et ses réflexions sur son temps qui sont toujours d'actualité de nos jours. Augustin d'Hippone lui-même n'a jamais eu l'intention de fonder un ordre religieux au sens institutionnel du terme. que ta beauté m’est chère, résidence de la gloire de mon Dieu (Ps. Que je vous cherche Seigneur, en vous invoquant, et que je vous invoque en croyant en vous ; car vous nous avez été annoncé. Qu’ils se récrient donc contre moi, ces maîtres insensés ! Et que dit-on de vous en parlant de vous ? 10. Voilà cette maison de Dieu, qui n’est faite d’aucun élément emprunté à la terre, ou aux cieux corporels ; demeure spirituelle ; admise à la jouissance de votre éternité, parce qu’elle demeure dans une pureté éternelle. 2) ; » sans assigner aucun jour à cette création ; je pense que par ce ciel, ciel de nos cieux, on doit entendre le ciel spirituel où l’intelligence n’est qu’une intuition qui voit tout d’un coup, non pas en partie, ni en énigme, ou comme en un miroir, mais de pleine évidence, face à face ( I Cor. Et lorsque notre pensée y cherche ce que les sens en peuvent atteindre, en se disant Ce n’est ni une forme intelligible, comme la vie, comme la justice, puisqu’elle est matière des corps ; ni une forme sensible, puisque ni la vue, ni le sens n’ont de prise sur ce qui est invisible et sans forme ; quand l’esprit de l’homme, dis-je, se parle ainsi, il faut qu’il se condamne à l’ignorance pour la connaître, et se résigne à l’ignorer en la connaissant. Ce n’est point que ces folies ne m’aient laissé le souvenir de plusieurs mots utiles ; souvenir que l’on pourrait devoir à des lectures moins frivoles, et qui ne sèmeraient aucun piège sous les pas des enfants. Le présent est sans étendue, il n’est qu’un point fugitif ; qui l’ignore ? Neuf. Car ces cris, ces accents variés, cette agitation de tous les membres, n’étant que des interprètes infidèles ou inintelligibles, qui trompaient mon cœur impatient de faire obéir à ses volontés, j’eus recours à ma mémoire pour m’emparer des mots qui frappaient mon oreille, et quand une parole décidait un geste, un mouvement vers un objet, rien ne m’échappait, et je connaissais que le son précurseur était le nom de la chose qu’on voulait désigner. Exaucez, Seigneur, ma prière ; que mon âme ne défaille pas sous votre discipline ; et que je ne défaille pas à vous confesser vos miséricordes qui m’ont retiré de toutes mes déplorables voies ! Les Confessions (Augustin) Œuvres complètes de Saint Augustin, Texte établi par Poujoulat et Raulx, L. Guérin & Cie, 1864 (p. 485-498). Mais, ô Seigneur, paix et joie en vous, avec ceux qui se nourrissent de la vérité dans l’étendue de l’amour ! C’est ce que nous accordons encore, dites-vous. Courage ! Le cantique que je chante ou, que j’entends chanter m’affecte de sentiments divers ; ma pensée se partage en attente des paroles futures, en souvenir des paroles expirées ; mais rien de tel ne survient dans votre immuable éternité ; c’est que vous êtes vraiment éternel, ô Créateur des esprits ! Était-il donc rien de plus impur que moi ? Que répondez-vous maintenant, contradicteurs à qui je parlais, vous qui pourtant reconnaissez Moïse pour un fidèle serviteur de Dieu, et ses livres pour les oracles du Saint-Esprit ? Que l’esprit ouvert, que l’esprit fermé à l’intelligence de ces pensées confessent votre nom ! CXIII, 15) pour la voir et la toucher, n’était pas alors telle que nos yeux la voient, et que notre main la touche ; elle était invisible et informe, abîme que nulle lumière ne dominait. Que vous suis-je moi-même, pour que vous m’ordonniez de vous aimer, et, si je désobéis, que votre colère s’allume contre moi et me menace de grandes misères ? Celui-ci : « La terre était invisible, informe, et les ténèbres couvraient l’abîme ; » c’est-à-dire : cet ensemble, qui a reçu le nom de ciel et de terre, n’était encore qu’une matière informe et ténébreuse, qui devait produire le ciel intelligible, autrement dit le ciel du ciel ( Ps. « Un et un sont deux, deux et deux quatre, » était pour moi une odieuse chanson ; et je ne savais pas de plus beau spectacle qu’un fantôme de cheval de bois rempli d’hommes armés, que l’incendie de Troie et l’ombre de Créuse [24]. Que m’importe si tel ne comprend pas ? Aussi je me démenais de tous mes membres, de toute ma voix, de ce peu de signes, semblables à mes volontés, que je pouvais, tels que je les pouvais, et toutefois en désaccord avec elles. Dans la traversée de ma vie jusqu’à ce jour, ne suis-je pas venu de la première enfance à la seconde, ou plutôt celle-ci n’est-elle pas survenue en moi, succédant à la première ? Les Confessions De Saint Augustin Augustine Free. Les Confessions de Rousseau Livres 1 4 Texte plet. Est-il un seul de ces maîtres fièrement drapés dont l’oreille soit assez à jeun pour entendre ce cri de vérité qui part d’un homme sorti de la poussière de leurs écoles : « Inventions d’Homère ! », Je ne serais donc point, mon Dieu, je ne serais point du tout si vous n’étiez en moi. Mais d’où venait mon aversion pour la langue grecque, exercice de mes premières années ? Il est donc vrai que la mutabilité des choses est la possibilité de toutes les formes qu’elles subissent. 2. For other English-language translations of this work, see Confessions (Augustine). Vous étiez ; et rien avec vous dont vous pussiez les former tous deux ; l’un si près de vous, l’autre si près du néant ; l’un qui n’a que vous au-dessus de lui, l’autre qui n’a rien au-dessous d’elle. I, 6, 7) ; » firmament nommé par vous ciel, mais ciel de cette terre, de cette mer que vous fîtes le troisième jour, en douant d’une forme visible cette matière informe que vous aviez créée avant tous les jours. non pas la vérité, mais eux-mêmes : car autrement ils auraient, pour les pensées d’un autre, reconnues véritables, l’amour que j’ai pour leurs pensées, quand elles sont vraies, et je les aime, non pas comme leurs pensées, mais comme vraies ; et, à ce titre, n’étant plus à eux, mais à la vérité. Seigneur mon Dieu, est-il en moi de quoi vous contenir ? Vous avez connu dès le principe le ciel et la terre, sans succession de connaissance, et vous avez créé dès le principe le ciel et la terre sans division d’action. Ne seras-tu jamais à sec ? Déjà j’étais alors, et je vivais ; et déjà, sur le seuil de l’enfance, je cherchais des signes pour manifester mes sentiments. c’est dans le Principe procédant (488) de vous, dans votre sagesse née de votre substance, que vous avez créé, créé quelque chose de rien. Mais, malheur à toi, torrent de la coutume ! Les Confessions est une œuvre autobiographique d' Augustin d'Hippone, écrite entre 397 et 398, où il raconte sa quête de Dieu. Et celui-là méritait le plus d’éloges qui, fidèle à la dignité du personnage mis en scène, produisait un sentiment plus naïf de colère et de douleur, ajustant à ses pensées un vêtement convenable d’expression. ne laissez pas la parole à mes ténèbres. Aussi le Maître de votre grand serviteur, en racontant que vous avez créé dans le principe le ciel et la terre, l’Esprit-Saint ne dit mot des temps, est muet sur les jours. Votre science du passé et de l’avenir est bien autrement admirable et cachée. Pour cette terre dès lors créée, ce n’était qu’une matière informe, puisqu’elle était invisible, sans ordre, abîme ténébreux. Et où répandez-vous, hors du ciel et de la terre, le trop plein de votre être ? Vois donc ; entre tant de fouilles fécondes que l’on peut faire dans ce terrain de vérité, ne serait-ce pas une folie que de revendiquer la découverte du vrai sens de Moïse, au risque d’offenser par de pernicieuses disputes cette charité, unique fin des paroles dont nous poursuivons l’explication ? 29. Vous avez fait le ciel et la terre, sans les tirer de vous. Eh ! Chapitre XIII, Créatures spirituelles ; matière informe. Et l’on peut affirmer sans crainte que ces deux grands corps ne sont que terre par rapport à ce ciel inconnu qui est au Seigneur, et non aux enfants des hommes. dites-moi, au non de vos miséricordes, Seigneur mon Dieu, dites-moi ce que vous m’êtes. Tout cela est bon et moi-même, qui suis tout cela. N’aurions-nous donc jamais su « pluie d’or, « sein de femme, déception, voûtes célestes » et semblables mots du même passage, si Térence n’eût amené sur la scène un jeune débauché se proposant Jupiter pour modèle d’impudicité, et pourtant son souvenir est encore dans notre esprit. Et quelle place est en moi, pour qu’en moi vienne mon Dieu ? Et l’enfance ne s’est pas retirée ; où serait-elle allée ? en toi se plongent les enfants des hommes ; ils rétribuent de telles leçons ; ils les honorent de la publicité du forum ; elles sont professées à la face des lois qui, aux récompenses privées, ajoutent le salaire public ; et tu roules tes cailloux avec fracas, en criant : Ici l’on apprend la langue ; ici l’on acquiert l’éloquence nécessaire à développer et à persuader sa pensée. C’est pourquoi vous avez dicté ces paroles : « Les ténèbres étaient à la surface de l’abîme ( Gen. The Confessions of Saint Augustine (Outler) by Augustine of Hippo, translated by Albert C. Outler Book XII. D’où viendrez-vous en moi ? HISTOIRE DE SAINT AUGUSTIN. Telles folies passent pour études plus nobles et plus fécondes que celle qui m’apprit à lire et à écrire. 25. Et ce n’est pas ma misère que je pleurais ; je pleurais Didon « expirée, livrant au fil du glaive sa destinée dernière [23], » quand je me livrais moi-même à vos dernières créatures au lieu de vous, terre retournant à la terre. ô mon Dieu ! Par pitié, déliez ma langue ! Oh ! La dernière modification de cette page a été faite le 5 mars 2012 à 22:09. (492), ===Chapitre XVI, Contre les contradicteurs de la vérité.===. Mais quoi ! L’un s’exprime ainsi : « La terre « était invisible, informe, et les ténèbres couvraient l’abîme ; » c’est-à-dire : cette création corporelle, ouvrage de Dieu, était la matière de toutes les réalités corporelles, mais sans forme, sans ordre et sans lumière. ». » Et c’est vous que l’homme veut louer, chétive partie de votre création, être de boue, promenant sa mortalité, et par elle le témoignage de son péché, et la preuve éloquente que vous résistez, Dieu que vous êtes, aux superbes [3] ! Tout enfant, je vous priais, comme mon refuge et mon asile, et, à vous invoquer, je rompais les liens de ma langue, et je vous priais, tout petit, avec grande ferveur, afin de n’être point battu à l’école. Les Confessions Augustin Livre premier Wikisource. I, 16), dont l’Ecriture se tait, quoiqu’ils soient évidemment l’œuvre de Dieu. Et je me souviens de cet âge ; et j’ai remarqué depuis comment alors j’appris à parler, non par le secours d’un maître qui m’ait présenté les mots dans certain ordre méthodique comme les lettres bientôt après me furent montrées, mais de moi-même et par la seule force de l’intelligence que vous m’avez donnée, mon Dieu. Téléchargez l’ebook (en version PDF) Les Confessions d’Augustin ici. Doux menteur, il était toutefois amer à mon enfance. Que je m’y désaltère, que j’y puise la vie, que je ne sois pas ma vie à moi-même. LXII, 28) ? Car cet abîme des eaux, visible maintenant, reçoit dans ses gouffres mêmes un certain degré de lumière sensible aux poissons et aux êtres animés qui rampent dans son sein. Dans les Confessions, en effet, saint Augustin s’accuse des erreurs de sa jeunesse ; mais en s’accusant, il raconte, et ce qu’il y a encore de passion dans ses récits plaisait, à leur insu, aux ames même les plus pieuses [2] . Et puis je commençai à rire, en dormant d’abord, ensuite éveillé. Quant à ceux qui ne contestent point ces vérités, dont la vénération, d’accord avec la nôtre, élève au plus haut point d’autorité les saintes Ecritures tracées par Moïse, votre saint serviteur, mais qui trouvent à reprendre dans mes paroles, voici ce que je leur réponds : « Seigneur notre Dieu, soyez l’arbitre entre mes humbles révélations et leurs censures. Car me voici tout prêt à oublier les aventures d’Énée et fables pareilles, plutôt que l’art d’écrire et de lire. Et pourtant, s’agit-il de la santé du corps, on ne dit pas : Laissez-le se blesser davantage, car il n’est pas encore guéri. (Rom. I, 4), » non pas cette Sagesse dont vous êtes le père, ô mon Dieu, égale et coéternelle à vous-même, par qui toutes choses ont été créées, principe en qui vous avez fait le ciel et la terre. — Ce que nous disons, répondent-ils ; il n’entend pas, il n’exprime pas autre chose que nous. CXIII, 16) ? Un autre dit : « La terre était invisible, informe ; et les ténèbres couvraient l’abîme ; » c’est-à-dire : cet ensemble qu’on appelle le ciel et la terre, n’était encore qu’une matière informe et ténébreuse, d’où devaient sortir ce ciel corporel, cette terre corporelle, avec toutes les réalités corporelles connues de nos sens. Il ne parlait pas encore, et regardait, pâle et farouche, son frère de lait. Ont-elles été revêtues de leur parure lorsque Dieu dit : « Que les eaux, inférieures au « firmament, se rassemblent (Gen. plus intérieure que la conscience écrite de ne pas faire au prochain ce qu’on n’en voudrait pas souffrir. Celui qui prétend s’attribuer en propre l’héritage dont vous avez mis la jouissance en commun, et revendique comme son bien le pécule universel, celui-là est bientôt réduit de ce fonds social à son propre fonds, c’est-à-dire de la vérité au mensonge : « car celui qui professe le mensonge parle de son propre fonds (Jean, VIII, 44). Était-il donc bien, vu l’âge si tendre, de demander en pleurant ce qui ne se pouvait impunément donner ; de s’emporter avec violence contre ceux sur qui l’on n’a aucun droit, personnes libres, âgées, père, mère, gens sages, ne se prêtant pas au premier désir ; de les frapper, en tâchant de leur faire tout le mal possible, pour avoir refusé une pernicieuse obéissance ? 23. Inspirez-leur, ô mon Dieu, des pensées meilleures que leurs paroles ! « Dites à mon âme : Je suis ton salut [10]. Ô vérité, lumière de mon cœur ! Et n’êtes-vous pas, Seigneur, mon roi et mon Dieu ? Ce n’était pas meilleur choix qui me rendait désobéissant, c’était l’amour du jeu ; j’aimais toutes les vanités du combat et de la victoire ; et les récits fabuleux qui, chatouillant mon oreille, y provoquaient de plus vives démangeaisons ; et ma curiosité soulevée chaque jour, et débordant de mes yeux, m’entraînait aux spectacles et aux jeux qui divertissent les hommes. Chapitre XVII, Ce que l’on doit entendre par le ciel et la terre. Qu’ils fixent leur attention, Seigneur, « sur ce qui demeure présent devant eux (Phlip. fait singulière (voir le livre VIII des Confessions). sublime ouvrier qui réside dans son ouvrage, combien je soupire vers toi du fond de ce lointain exil, et je conjure ton Créateur de me posséder aussi, de me posséder en toi ; car ce Créateur est le mien. Était-ce de pleurer avidement après la mamelle ? » Ce n’est pas ce chaos que l’Ecriture appelle le ciel et la terre ; mais, après avoir signalé la création des esprits et des corps, elle désigne sous le nom de terre invisible et sans ordre, d’abîme ténébreux, cette matière préexistante dont Dieu les avait formés. Mais loin de moi la pensée d’assimiler une telle connaissance à la vôtre, ô Créateur du monde, Créateur des âmes et des corps ! Eh quoi ! Soyez-moi plus doux que les séductions qui m’égaraient ! Mais, répondront les tenants de ces deux opinions, nous ne nions pas que cette matière soit l’œuvre de Dieu, principe de tout bien : car si nous disons que Ce qui a déjà reçu l’être et la forme est bien, à un plus haut degré que Ce qui n’en a que la capacité, nous n’en admettons pas moins que ce dernier état ne soit un bien. Les Confessions De J J Rousseau D 1878 ROUSSEAU J J. Confessions Open Library. Et cependant, Seigneur, à vous créateur et conservateur de l’univers, tout-puissant et tout bon, à vous notre Dieu, grâces soient rendues, ne m’eussiez-vous donné que d’être enfant ! Et de là ce luxe indigent de langage qu’étale d’ordinaire l’intelligence humaine ; car la recherche de la vérité coûte plus de paroles que sa découverte, la demande d’une grâce plus de temps que le succès ; et la porte est plus dure à frapper que l’aumône à recevoir. Vainement voudrait-on réfuter ces deux dernières opinions, en disant : Si vous ne voulez pas admettre que cette informité matérielle soit désignée par le nom de ciel et de terre, il existait donc quelque chose, indépendant de l’action créatrice, dont Dieu s’est servi pour faire le ciel et la terre ? Hommes, concevez donc qu’il ne peut y avoir de temps sans œuvre, et voyez l’inanité de votre langage ! (487). EN SAVOIR PLUS Résumé. » « Je crois, c’est pourquoi je parle ; Seigneur, vous le savez [12]. ne sommes-nous pas sortis tous du même limon, « et qu’est-ce que l’homme ? III, 13) ; » qu’ils comprennent que vous êtes avant tous les temps, Créateur éternel de tous les temps ; que vous n’admettez au partage de votre éternité aucun temps, aucune créature, en fût-il une qui eût devancé les temps ! Le titre des Confessions a sans doute été choisi en référence aux Confessions de Saint-Augustin, publiées au IVe siècle après Jésus Christ. Et nulle part l’Ecriture ne dit quelle parole les a formées. Chapitre III, Des ténèbres répandues sur la surface de l’abîme. Oh ! Il raconte sa … « Les treize livres de mes Confessions louent le Dieu juste et bon de mes maux et de mes biens, ils élèvent vers Dieu l'intelligence et le cœur de l'Homme. Augustin d'Hippone (latin : Aurelius Augustinus) ou Saint Augustin, né le 13 novembre 354 à Thagaste (l'actuelle Souk Ahras, Algérie), un municipe de la province d'Afrique, et mort le 28 août 430 à Hippone (l'actuelle Annaba, Algérie), est un philosophe et théologien chrétien romain de la classe aisée. 30. Pris sur le fait à mon tour, et accusé, loin de céder, j’entrais en fureur. » « Ne vous ai-je pas, contre moi-même, accusé mes crimes, ô mon Dieu, et ne m’avez-vous pas remis la malice de mon cœur [13] ? C’est une vérité que tout être muable nous suggère l’idée d’une certaine informité, ou susceptibilité de forme, d’altération et de changement. 30. Vous rendez sans devoir ; en payant, vous donnez et ne perdez rien. 38. Mais, Seigneur, où est ce ciel du ciel dont le Psalmiste parle ainsi : (Le ciel du ciel est au Seigneur, et il a donné la terre aux enfants des « hommes (Ps. Ainsi, suivant le conseil de l’Apôtre, gardons-nous de prendre orgueilleusement parti pour une opinion contre une autre (I Cor. Couverture souple. 31. Non, dites-vous. 17. Souvenirs sans gloire les confessions dun pilote de. Ce livre correspond à l'oeuvre complète de saint Augustin et ne comprend aucun commentaire pour aider le lecteur ce qui peut rendre certain passage ardu pour nous aujourd'hui. Les Confessions De Saint Augustin Ghent University Library. Cet homme aspire à la renommée de l’éloquence ; il est debout devant un homme qui juge, en présence d’une foule d’hommes ; il s’acharne sur son ennemi avec la plus cruelle animosité, merveilleusement attentif à éviter toute erreur de langage, à ne pas dire : « Entre aux hommes ; » et il ne se tient pas en garde contre la fureur de son âme qui l’entraîne à supprimer un homme « d’entre les hommes. Or, notre Dieu est l’éternité même. J’avais ouï parler, dès le berceau, de la vie éternelle qui nous est promise par l’humilité du Seigneur notre Dieu, abaissé jusqu’à notre orgueil ; et j’étais marqué du signe de sa croix, assaisonné du sel divin, dès ma sortie du sein de ma mère, qui a beaucoup espéré en vous. courage ! À quel autre que vous crierai-je : « Purifiez-moi de mes secrètes souillures, Seigneur, et n’imputez pas celles d’autrui à votre serviteur [11] ? C’est une vérité que le temps est sans pouvoir sur l’être muable par sa nature, mais immuable par son intime union avec la forme immuable. Approchons-nous ensemble de votre sainte parole, et cherchons votre pensée dans l’intention de votre serviteur, dont la plume est votre interprète. Ô Seigneur, ô mon. —Des divers sens qu’elle peut réunir. Ils peuvent porter, d’une part, sur la vérité des choses ; de l’autre, sur l’intention qui en dicte le récit : car il est différent de chercher la vérité en discutant le problème de la création, ou de préciser le sens que Moïse, ce grand serviteur de notre foi, attache à sa parole. C’est donc de rien que vous avez fait le ciel et la terre, tant et si peu. voilà ma réponse. 37. Et ceux même qui me forçaient à l’étude ne faisaient pas bien ; mais bien m’en advenait par vous, mon Dieu. Elle procède donc de vous, ô mon Dieu ! Et comment croire, sans apôtre [4] ? le commencement de la création ; elles sont, pour lui, équivalentes à celles-ci : « Dieu créa « d’abord. Aimons le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit, et le prochain comme nous-mêmes (Deut. Quoi ! Qu’il se réjouisse, celui-là même, en disant : J’ignore. quoi de plus misérable qu’un malheureux sans miséricorde pour lui-même, pleurant Didon, morte pour aimer Énée, et ne se pleurant pas, lui qui meurt faute de vous aimer ! Que m’importe, dis-je, qu’un autre tienne pour le sens vrai de Moïse, un sens étranger au mien ? Mais « votre miséricorde vaut mieux que toutes les vies ( Ps. Vous voyez cela, Seigneur, et vous vous taisez, « patient, miséricordieux et vrai [28]. Et voici que dès longtemps mon enfance est morte, et je suis vivant. Vous me donniez aussi de ne pas vouloir plus que vous ne me donniez, et à mes nourrices de vouloir me donner ce qu’elles avaient reçu de vous ; car c’était par une affection prédisposée qu’elles me voulaient donner ce que votre opulence leur prodiguait.