Chalet de Pont Peyron. Un manuscrit intitulé « Le Poète » et conservé au Musée de Stavelot contient presque mot pour mot les vers 4-10 du poème. vous savez       Â,             boire et ne savez                Â,           plus pisser utile                    Â,         ment comme les                                 Â,     cigales                       LA JOIE               Â,                                   ADORABLE              Â,                                  DE LA PAIX               Â,                                     SOLAIRE                                           leil,             Ceux qui revenaient de la mort,             En attendaient une pareille,             Et tout ce qui venait du nord,             Allait obscurcir le soleil,                     Mais que voulez-vous,                                         c’est son sort,                                   Allô la truie,              C’est quand sonnera le réveil,              La sentinelle au long regard,               Et la cagnat s’appelait, La sentinelle au long regard la sentinelle au large regard,                                  Allô la truie,                Tant et tant de coquelicots,                D’où tant de sang a-t-il coulé,                Qu’est-ce qu’il se met dans le coco,                Bon sang de bois il s’est saoulé,                Et sans pinard et sans tacot,                           Avec de l’eau,                           Allô la truie,                 Le silence des phonographes,                 Mitrailleuses des cinémas,                 Tout l’échelon là-bas piaffe,                 Fleurs de feu des lueurs-frimas,                 Puisque le canon avait soif,                 Et les trajectoires cabrées,                 Trébuchements de soleils-nains,                 Sur tant de chansons déchirées,                  Il a l’Étoile du Benin,                  Mais du singe en boîtes carrées,                  Crois-tu qu’il y aura la guerre,                               Allô la truie,                        Ah  ! Reprenant sur le mode badin le motif lyrique du ubi sunt, il clôt aussi le cycle amoureux de Lou, et dit adieu aux guerres chevaleresques « d’autrefois ». « La Grâce exilée » compose avec les six poèmes suivants un « petit roman poétique guerrier » qu’Apollinaire avait intitulé Le Médaillon toujours fermé. 250. Publication préoriginale : Les Soirées de Paris, nº 26-27, juillet-août 1914. Yes, I’ll pass fearful shadows 24 janv. Sur le manuscrit, les vers sont séparés par des croix qui soulignent la discontinuité de ces notations lancées comme des « fusées ». My poor heart’s an owl One woos, un-woos, re-woos. 183. Publication préoriginale : Nord-Sud, nº 12, février 1918, daté « 3 avril 1915 ». Le poème évoque les figures de la « période rose » de Picasso ; comme chez Baudelaire, le saltimbanque créateur d’une « musique des formes » est une allégorie de l’artiste. 40. « Les rois » font allusion à l’actualité : le roi de Grèce avait été assassiné le 18 mars 1913 (le même thème apparaissait dans « Vendémiaire », p. 000). 84. L’art visuel du calligramme : Outre les thèmes explicites du recueil, tels que la guerre, l’amour, les villes et la personne d’Apollinaire lui-même, Calligramme est particulièrement intéressant par le rapport qu’il tisse entre la poésie et les arts visuels. 34. Le poème est envoyé à Madeleine et à Lou le même jour, 11 mai 1915. Invérifiable sans être fausse, cette légende contribue à faire de « Lundi rue Christine » l’exemple-type du « poème-conversation », et un manifeste de l’esthétique « simultanéiste ». La poule d’eau caquète et plonge à ton approche, C’est eun’ mouq’ dans d’ l’huile, Il était Antisthène et c’était Fabius, Le ciel est étoilé par les obus des Boches, La forêt merveilleuse où je vis donne un bal, La mitrailleuse joue un air à triples-croches,                                         Eh ! La seconde bataille de Champagne, marquée par une offensive générale de l’armée française, se déroule du 22 au 25 septembre 1915. Cette grande composition en forme de prosopopée polyphonique intègre trois poèmes en octosyllabes, et mobilise le vocabulaire technique de l’artillerie.                                   Eh ! Magdalena van de Passe, Peter Paul Rubens, 1617 - 1634, The Rijksmuseun. Certaines heures sont marquées par des jeux de mots ou des rébus (voir les notes c-dessous). Guillaume Apollinaire, Calligramme, La cravate et la montre Tour Eiffel Salut monde dont je suis la langue éloquente que sa bouche O Paris tire et tirera toujours aux allemands. 2018 - Explorez le tableau « Calligramme » de 3petits.etc, auquel 186 utilisateurs de Pinterest sont abonnés. Publication préoriginale : L’Union des automobilistes et aviateurs militaires, nº 2, juillet 1916. 25 avr. Apollinaire – La Colombe Poignardée et le jet d’eau. Le poème est adressé à Madeleine le 9 octobre 1915. Dédicace : le magistrat Joseph Granié (1863-1919), ami d’Apollinaire, était aussi critique d’art et collectionneur. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise. 2020 - Découvrez le tableau "calligramme" de Clementine sur Pinterest. 81. Un récit de Pierre Roy évoque une composition improvisée en présence de Serge Férat, Chirico et de son frère Savinio, « divinités » en train de naître. Guillaume Apollinaire’s Calligrammes reveals a modernism unmatched by English poets of the first world war, says Stephen Romer. 251. Publication préoriginale : Les Soirées de Paris, nº 19, 15 décembre 1913. Les phrases et les mots forment ainsi un dessin reconnaissable. Les « grenades » des jardins du midi sont devenues guerrières, et le bestiaire fait écho au décor agreste de Case d’armons. Voir plus d'idées sur le thème calligramme, calligramme apollinaire, caligraphie. Apollinaire essaie de libérer la parole et la page de son immobilisme et de représenter le mouvement et la durée qui sont propre à la vie et au monde. Titre : Apollinaire a conduit en mai 1913 des visites de ce quartier de Paris, en se servant des Promenades dans les rues de Paris par arrondissements du marquis de Rochegude (1910). 73. Nous sommes en 1918, avec ce calligramme Guillaume Apollinaire présente la Tour Eiffel comme un symbole de la force de la France devant les allemands. Apollinaire a retranché quelques passages qu’il a sans doute jugés exhibitionnistes (« Je suis fier de ma virilité puisqu’elle se dresse »), digressifs (une note sur « le train entre Vera Cruz et Mexico », qui ramenait du côté de « Lettre-Océan »), ou redondants. Apollinaire's Calligrammes (1918) – The Public Domain Review 2018 - Découvrez le tableau "Calligramme" de Eric Rigollaud sur Pinterest. Apollinaire invente le mot « Calligramme » en contractant deux mots : calligraphie (art de la belle écriture) et idéogramme (signe représentant un mot ou une idée). 207. Calligrammes: Poems of Peace and War 1913-1916, is a collection of poems by Guillaume Apollinaire which was first published in 1918 (see 1918 in poetry). C'est d'ailleurs lui qui a inventé le … Le poème a été composé sur une carte postale représentant un tableau de Robert Delaunay, « Tour », à l’occasion de l’exposition du peintre à Berlin en décembre 1913. oui le mot fatal, Aux créneaux Aux créneaux Laissez là les pioches, Comme un astre éperdu qui cherche ses saisons, Cœur obus éclaté tu sifflais ta romance, Et tes mille soleils ont vidé les caissons, Que les dieux de mes yeux remplissent en silence, Nous vous aimons ô vie et nous vous agaçons, Un amour qui se meurt est plus doux que les autres, Ton souffle nage au fleuve où le sang va tarir,                                   Entends chanter les nôtres, Pourpre amour salué par ceux qui vont périr, Le printemps tout mouillé la veilleuse l’attaque, Il pleut mon âme il pleut mais il pleut des yeux morts, Ulysse que de jours pour rentrer dans Ithaque, Couche-toi sur la paille et songe un beau remords, Qui pur effet de l’art soit aphrodisiaque,                            aux fétus de la paille où tu dors, Par l’issue ouverte sur le boyau dans la craie, En regardant la paroi adverse qui semble en nougat, On voit à gauche et à droite fuir l’humide couloir désert, Où meurt étendue une pelle à la face effrayante à deux yeux réglementaires qui servent à l’attacher sous les caissons, Un rat y recule en hâte tandis que j’avance en hâte, Et le boyau s’en va couronné de craie semé de branches, Comme un fantôme creux qui met du vide où il passe blanchâtre, Et là-haut le toit est bleu et couvre bien le regard fermé par quelques lignes droites, Mais en deçà de l’issue c’est le palais bien nouveau et qui paraît ancien, Le plafond est fait de traverses de chemin de fer, Entre lesquelles il y a des morceaux de craie et des touffes d’aiguilles de sapin, Et de temps en temps des débris de craie tombent comme des morceaux de vieillesse, À côté de l’issue que ferme un tissu lâche d’une espèce qui sert généralement aux emballages, Il y a un trou qui tient lieu d’âtre et ce qui y brûle est un feu semblable à l’âme, Tant il tourbillonne et tant il est inséparable de ce qu’il dévore et fugitif, Les fils de fer se tendent partout servant de sommier supportant des planches, Ils forment aussi des crochets et l’on y suspend mille choses, Des musettes bleues des casques bleus des cravates bleues des vareuses bleues, Morceaux du ciel tissus des souvenirs les plus purs, Et il flotte parfois en l’air de vagues nuages de craie, Sur la planche brillent des fusées détonateurs joyaux dorés à tête émaillée, Funambules qui attendent leur tour de passer sur les trajectoires, Et font un ornement mince et élégant à cette demeure souterraine, Ornée de six lits placés en fer à cheval, Six lits couverts de riches manteaux bleus, Sur le palais il y a un haut tumulus de craie, Mais privé d’eau car ici il ne roule que le feu jailli de la mélinite, Tas de cloches aux doux sons des douilles rutilantes, Sapins élégants et petits comme en un paysage japonais, Le palais s’éclaire parfois d’une bougie à la flamme aussi petite qu’une souris, Ô palais minuscule comme si on te regardait par le gros bout d’une lunette, Petit palais où tout est neuf rien rien d’ancien, Et où tout est précieux où tout le monde est vêtu comme un roi, Une selle est dans un coin à cheval sur une caisse, Et cependant tout paraît vieux dans cette neuve demeure, Si bien qu’on comprend que l’amour de l’antique, Soit venu aux hommes dès le temps des cavernes, Qu’une chose plus ancienne ou qui a déjà servi y apparaît,                                Plus précieuse, Dans ce palais souterrain creusé dans la craie si blanche et si neuve,                Elles n’ont pas deux semaines, Sont si vieilles et si usées dans ce palais qui semble antique sans imiter l’antique, Qu’on voit que ce qu’il y a de plus simple de plus neuf est ce qui est, Le plus près de ce que l’on appelle la beauté antique, A besoin de vieillir pour avoir la beauté qu’on appelle antique, Et qui est la noblesse la force l’ardeur l’âme l’usure, Aussi simple que le petit palais du tonnerre,        Ton sourire m’attire comme,            Pourrait m’attirer une fleur,                De la forêt,                Qu’est sa beauté,                Les blancs y sont,                Un clair de lune, Plein d’eaux vives et de jardiniers endiablés, Photographie tu es la fumée de l’ardeur,                Et il y a en toi,                Photographie,                Des tons alanguis,                On y entend,                Une mélopée,             Photographie tu es l’ombre,                 Du Soleil,                 Qu’est sa beauté, C’est quelque chose de si ténu de si lointain, Que d’y penser on arrive à le trop matérialiser, Et cette petite voyageuse alerte inclina brusquement la tête sur le quai de la gare à Marseille,                            Et s’en alla,                            Sans savoir, Sur un petit bois de la Champagne où un soldat s’efforce, Devant le feu d’un bivouac d’évoquer cette apparition, À travers la fumée d’écorce de bouleau, Tandis que les volutes bleuâtres qui montent, D’un cigare écrivent le plus tendre des noms, Mais les nœuds de couleuvres en se dénouant, Dont chaque lettre se love en belle anglaise, Le jeu de mots bilingue que ne manque point de susciter, Je me jette vers toi et il me semble aussi que tu te jettes vers moi, Une force part de nous qui est un feu solide qui nous soude, Et puis il y a aussi une contradiction qui fait que nous ne pouvons nous apercevoir, En face de moi la paroi de craie s’effrite, De longues traces d’outils traces lisses et qui semblent être faites dans de la stéarine, Des coins de cassures sont arrachés par le passage des types de ma pièce, Moi j’ai ce soir une âme qui s’est creusée qui est vide, On dirait qu’on y tombe sans cesse et sans trouver de fond, Et qu’il n’y a rien pour se raccrocher, Ce qui y tombe et qui y vit c’est une sorte d’êtres laids qui me font mal et qui viennent de je ne sais où, Oui je crois qu’ils viennent de la vie d’une sorte de vie qui est dans l’avenir dans l’avenir brut qu’on n’a pu encore cultiver ou élever ou humaniser, Dans ce grand vide de mon âme il manque un soleil il manque ce qui éclaire, C’est aujourd’hui c’est ce soir et non toujours, Les autres jours je me console de la solitude et de toutes les horreurs, Pour l’élever au-dessus de l’univers extasié, Et mon goût de la beauté est-il donc aussi vain, Ou n’es-tu qu’une entité que j’ai créée sans le vouloir, Es-tu une de ces déesses comme celles que les Grecs avaient douées pour moins s’ennuyer, Je t’adore ô ma déesse exquise même si tu n’es que dans mon imagination, La boucle des cheveux noirs de ta nuque est mon trésor, Ma pensée te rejoint et la tienne la croise, Tes seins sont les seuls obus que j’aime, Ton souvenir est la lanterne de repérage qui nous sert à pointer la nuit, En. Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apollinary de Wąż-Kostrowicki, est né en Italie en 1880, d’une mère polonaise (de l’Empire russe) et d’un officier italien. Titre : Dieuze est une ville de garnison située en Moselle, à distance du front. I praise those who love me, too. 31 juil. Voir plus d'idées sur le thème calligramme, guillaume apollinaire, calligramme apollinaire. En 1918 ; il meurt de la grippe espagnole. Publication préoriginale : Les Soirées de Paris, nº 26-27, juillet-août 1914. Calligrammes by Guillaume Apollinaire from ‘Poems of Peace and War’. 125. Dans le premier poème Iris, déesse de l’arc-en-ciel, est une image de l’inconstance féminine, en même temps que du talent de coloriste de Marie Laurencin. Poète du tout début du XX ème siècle, Guillaume Apollinaire est marqué à la fois par les idées du courant symboliste de ses prédécesseurs (Verlaine, Mallarmé) ou par celles du courant surréaliste qui va dominer le début du XX ème siècle. 2018 - Découvrez le tableau "CALLIGRAMMES APOLLINAIRE" de Documentation - Education sur Pinterest. (Guillaume Apollinaire, in a letter to André Billy)[2], Poetry collection by Guillaume Apollinaire, Apollinaire, Guillaume, quoted in the preface by, Action: Cahiers Individualistes De Philosophie Et D’art, October 1920, The Cubist Painters, Aesthetic Meditations, https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Calligrammes&oldid=994825807, Short description is different from Wikidata, Srpskohrvatski / српскохрватски, Creative Commons Attribution-ShareAlike License, This page was last edited on 17 December 2020, at 19:03. Accueil; L’Ours; La Marmotte; Tarifs; Calendrier; Livre d’Or; guillaume apollinaire calligramme Le but de l'usage du calligramme est la traduction en poésie des rapports dynamiques à l'intérieur du monde et des rapports que le poète a avec les choses. Les remaniements ont porté sur la disposition des motifs et la figure des « amants ». 2017 - Découvrez le tableau "calligramme" de Caroline GIL sur Pinterest. 2 juil. Le bouquet de fleurs de Guillaume Apollinair le laurier rose fleur guerrière.Guillaume Apollinaire, Calligramme, La colombe et le jet d'eau La cravate et la montre La cravate douloureuse que tu portes et qui t'orne, o civilisé, Ote-la si tu veux respirer. Le calligramme est une discipline artistique qui consiste à écrire un poème tout en lui donnant une forme esthétique. 14. Apollinaire fut un poète français du début du 20 e siècle.     Titre : allusion au mythe d’Ixion, amoureux d’Héra : Zeus transforme celle-ci en nuée au moment où il l’étreint (voir « Vendémiaire », p. 000). 258. Publications préoriginales : La Voce, nº 1, 31 janvier 1916 ; La Grande Revue, nº 11, novembre 1917. The Ibis ‘Storks in a Nest’ Magdalena van de Passe, Peter Paul Rubens, 1617 - 1634, The Rijksmuseun. Voir plus d'idées sur le thème calligramme, calligramme apollinaire, guillaume apollinaire. El día 5 de Junio celebramos el 117 nacimiento del poeta y dramaturgo granadino Federico García Lorca. Le recueil n’a pas vu le jour, mais les sept poèmes ont paru dans le Mercure de France, nº 433, 1er juillet 1916, sous le titre Lueurs des tirs. Le poème a été envoyé à Madeleine le 8 octobre 1915. Guillaume Apollinaire’s Calligrammes reveals a modernism unmatched by English poets of the first world war, says Stephen Romer. Sous le titre global « À la Tour — 1910 » il est suivi de trois poèmes de Cendrars (réunis sous le titre « Tour » dans 19 poèmes élastiques). Pour Jérôme Peignot, spécialiste de la typographie, le calligramme relève de quatre domaines : la littérature, la peinture, la calligraphie mais aussi la philosophie, ce … Le poème, envoyé le 8 février 1915 à André Rouveyre, le compagnon de la « Petite auto », ferme le cycle d’Étendards. 14 sept. 2018 - Explorez le tableau « calligrammes » de Lina Lina, auquel 1028 utilisateurs de Pinterest sont abonnés.                 On ne peut rien dire,               Rien de ce qui se passe,             Mais on change de Secteur,             Ah  ! Titre : la « lettre-océan » est transmise par voie télégraphique (TSF) d’un navire à un autre afin d’être transcrite et acheminée au port le plus proche, d’où elle rejoint son destinataire par voie postale. 133. 85. Calligramme de Guillaume Apollinaire intitulé Cœur, couronne et miroir. qu’il est laid,                   Ton frère ton frère ton frère de lait,                        Et je mangeais du pain de Gênes,                    En respirant leurs gaz lacrymogènes,                        Mets du coton dans tes oreilles,                                          D’siré,                   Puis ce fut cette fleur sans nom,                   À peine un souffle un souvenir,                   Quand s’en allèrent les canons,                   Au tour des roues heure à courir,                   La baleine a d’autres fanons,                   Éclatements qui nous fanons,                   Mais mets du coton dans tes oreilles,                   Évidemment les fanions,                          Des signaleurs,                                     Allô la truie,                             Â, Ont quelque chose de déchirant quand on les entend à la guerre,               Écoute s’il pleut écoute s’il pleut,                Tu retrouveras,                 La tranchée en première ligne,                 Les éléphants des pare-éclats,                   Une girouette maligne,                   Et les regards des guetteurs las,                   Qui veillent le silence insigne,                       Ne vois-tu rien venir,                                             au,                                            Pé,                                             ris,                                              co,                                            pe,                   La balle qui froisse le silence,                   Les projectiles d’artillerie qui glissent,                               Comme un fleuve aérien,                   Ne mettez plus de coton dans les oreilles,                               Ça n’en vaut plus la peine,                   Mais appelez donc Napoléon sur la tour,                                                Allô,                          Le petit geste du fantassin qui se gratte au cou où les totos le démangent,                    La vague,                                   Dans les caves,                          Dans les caves, Les points d’impact dans mon âme toujours en guerre, puis écoutez tomber la pluie si tendre et si douce, soldats aveugles perdus parmi les chevaux de frise sous la lune liquide, des Flandres à l’agonie sous la pluie fine la pluie si tendre et si douce, confondez-vous avec l’horizon beaux êtres invisibles sous la pluie fine,                Les longs boyaux où tu chemines,                    Adieu les cagnats d’artilleurs, Le village est presque endormi dans la lumière parfumée, La bouteille champenoise est-elle ou non une artillerie, Les ceps de vigne comme l’hermine sur un écu, Je les ai vus passer et repasser en courant, Bonjour soldats bouteilles champenoises où le sang fermente, Vous resterez quelques jours et puis remonterez en ligne, Échelonnés ainsi que sont les ceps de vigne, J’envoie mes bouteilles partout comme les obus d’une charmante artillerie, Un vigneron chantait courbé dans sa vigne, Un vigneron sans bouche au fond de l’horizon, Un vigneron qui était lui-même la bouteille vivante, Un vigneron qui sait ce qu’est la guerre, Un vigneron champenois qui est un artilleur, C’est maintenant le soir et l’on joue à la mouche, Où l’Artillerie débouche ses bouteilles crémantes, Allons Adieu messieurs tâchez de revenir, Mes tapis de la saveur moussons des sons obscurs, 1 tout petit oiseau qui n’a pas de queue et qui s’envole quand on lui en met une, ouïs ouïs les pas le phonographe ouïs ouïs l’aloès,             Deux lacs nègres,                   Entre une forêt,                           Et une chemise qui sèche, Mais le rat pénètre dans le cadavre et y demeure, En chantant un petit air qu’il ne sait pas très bien, Pas plus que l’or de la paille ne s’est terni, Alors que les arbres déchiquetés par l’artillerie, Et semblaient à peine des chevaux de frise, Mon cœur renaissait comme un arbre au printemps, Un arbre fruitier sur lequel s’épanouissent,                        Les fleurs de l’amour, Tandis que chantaient épouvantablement les obus, Et que les fleurs mortes de la terre exhalaient,                         Leurs mortelles odeurs, Moi je décrivais tous les jours mon amour à Madeleine, La neige met de pâles fleurs sur les arbres,          Et toisonne d’hermine les chevaux de frise,              Que l’on voit partout,                  Abandonnés et sinistres,                           Chevaux muets,          Non chevaux barbes mais barbelés,               Et je les anime tout soudain,          En troupeau de jolis chevaux pies, Qui vont vers toi comme de blanches vagues,                    Sur la Méditerranée,              Et t’apportent mon amour, Roselys ô panthère ô colombes étoile bleue,                         Ô Madeleine, Si je songe à tes yeux je songe aux sources fraîches, Si je pense à ta bouche les roses m’apparaissent, Si je songe à tes seins le Paraclet descend,               Ô double colombe de ta poitrine,                Pour te redire,                Je t’aime,                        Mais Toutefleur, Tous les lys montent en toi comme des cantiques,                 M’emportent à ton côté,            Dans ton bel Orient où les lys, Se changent en palmiers qui de leurs belles mains,                 Quand il fait noir, Et elle retombe comme une pluie de larmes amoureuses, De larmes heureuses que la joie fait couler,         Et je t’aime comme tu m’aimes,                        Madeleine, Je me souviens ce soir de ce drame indien, Qui pense avant de faire un trou dans la muraille, Quelle forme il convient de donner à l’entaille, Afin que la beauté ne perde pas ses droits,                               Et nous aurions je crois, À l’instant de périr nous poètes nous hommes, Un souci de même ordre à la guerre où nous sommes, Mais ici comme ailleurs je le sais la beauté, N’est la plupart du temps que la simplicité, Et combien j’en ai vu qui morts dans la tranchée, Étaient restés debout et la tête penchée, S’appuyant simplement contre le parapet, J’en vis quatre une fois qu’un même obus frappait, Ils restèrent longtemps ainsi morts et très crânes, Avec l’aspect penché de quatre tours pisanes, Depuis dix jours au fond d’un couloir trop étroit, Dans les éboulements et la boue et le froid, Parmi la chair qui souffre et dans la pourriture, J’ai plus que les trois cœurs des poulpes pour souffrir, Vos cœurs sont tous en moi je sens chaque blessure, Ô mes soldats souffrants ô blessés à mourir, Cette nuit est si belle où la balle roucoule, Tout un fleuve d’obus sur nos têtes s’écoule, C’est une fleur qui s’ouvre et puis s’évanouit, Monte le flot chantant dans mon abri de craie, Séjour de l’insomnie incertaine maison, De l’Alerte la Mort et la Démangeaison, Ô jeunes gens je m’offre à vous comme une épouse, Mon amour est puissant j’aime jusqu’à la mort, Tapie au fond du sol je vous guette jalouse, Et mon corps n’est en tout qu’un long baiser qui mord, De nos ruches d’acier sortons à tire-d’aile, Les doux rayons d’un jour qui toujours renouvelle, Provient de ce jardin exquis l’humanité, Aux fleurs d’intelligence à parfum de beauté, Le Christ n’est donc venu qu’en vain parmi les hommes, Si des fleuves de sang limitent les royaumes, Et même de l’Amour on sait la cruauté, C’est pourquoi faut au moins penser à la Beauté, Seule chose ici-bas qui jamais n’est mauvaise, Elle porte cent noms dans la langue française, Grâce Vertu Courage Honneur et ce n’est lÃ,                                      Poète honore-la, Souci de la Beauté non souci de la Gloire, Mais la Perfection n’est-ce pas la Victoire, Ô poètes des temps à venir ô chanteurs, Je chante la beauté de toutes nos douleurs, J’en ai saisi des traits mais vous saurez bien mieux, Donner un sens sublime aux gestes glorieux, Et fixer la grandeur de ces trépas pieux, L’un qui détend son corps en jetant des grenades, L’autre ardent à tirer nourrit les fusillades, L’autre les bras ballants porte des seaux de vin, J’interprète pour tous la douceur des trois notes, Que lance un loriot canon quand tu sanglotes, Qui donc saura jamais que de fois j’ai pleuré, Prends mes vers ô ma France Avenir Multitude, Chantez ce que je chante un chant pur le prélude, Des chants sacrés que la beauté de notre temps, Saura vous inspirer plus purs plus éclatants, Que ceux que je m’efforce à moduler ce soir, En l’honneur de l’Honneur la beauté du Devoir, Ma bouche te sera un enfer de douceur et de séduction, Les anges de ma bouche trôneront dans ton cœur, Les soldats de ma bouche te prendront d’assaut, Les prêtres de ma bouche encenseront ta beauté, Ton âme s’agitera comme une région pendant un tremblement de terre, Tes yeux seront alors chargés de tout l’amour qui s’est amassé dans les regards de l’humanité depuis qu’elle existe, Ma bouche sera une armée contre toi une armée pleine de disparates, Variée comme un enchanteur qui sait varier ses métamorphoses, L’orchestre et les chœurs de ma bouche te diront mon amour, Tandis que les yeux fixés sur la montre j’attends la minute prescrite pour l’assaut, Une belle Minerve est l’enfant de ma tête, Une étoile de sang me couronne à jamais, La raison est au fond et le ciel est au faîte, Du chef où dès longtemps Déesse tu t’armais, C’est pourquoi de mes maux ce n’était pas le pire, Ce trou presque mortel et qui s’est étoilé, Mais le secret malheur qui nourrit mon délire, Est bien plus grand qu’aucune âme ait jamais celé, Et je porte avec moi cette ardente souffrance, Comme le ver luisant tient son corps enflammé, Comme au cœur du soldat il palpite la France, Et comme au cœur du lys le pollen parfumé, Leurs feuilles qui ressemblent à de pauvres marins, Ailés et tournoyants comme Icare le faux, Des aveugles gesticulant comme des fourmis, Se miraient sous la pluie aux reflets du trottoir, Leurs rires amassés en grappes de raisin, Ne sors plus de chez moi diamant qui parlais, Dors doucement tu es chez toi tout t’appartient, Regards précieux saphirs taillés aux environs de Saint-Claude,           Les jours étaient une pure émeraude, Je me souviens de toi ville des météores, Ils fleurissaient en l’air pendant ces nuits où rien ne dort, Jardins de la lumière où j’ai cueilli des bouquets, Tu dois en avoir assez de faire peur à ce ciel,                        Qu’il garde son hoquet, À quel point le succès rend les gens stupides et tranquilles, N’avez-vous point de jeune aveugle ailé, Ô bouches l’homme est à la recherche d’un nouveau langage, Auquel le grammairien d’aucune langue n’aura rien à dire, Et ces vieilles langues sont tellement près de mourir, Que c’est vraiment par habitude et manque d’audace, Qu’on les fait encore servir à la poésie, Mais elles sont comme des malades sans volonté, Ma foi les gens s’habitueraient vite au mutisme,              Mais entêtons-nous à parler,              Remuons la langue,              Lançons des postillons, On veut de nouveaux sons de nouveaux sons de nouveaux sons,              Imitez le son de la toupie, Laissez pétiller un son nasal et continu, Servez-vous du bruit sourd de celui qui mange sans civilité, Le raclement aspiré du crachement ferait aussi une belle consonne, Les divers pets labiaux rendraient aussi vos discours claironnants, Et quelle lettre grave comme un son de cloche,               À travers nos mémoires, Crains qu’un jour un train ne t’émeuve,                     Plus, Parlez avec les mains faites claquer vos doigts, Tapez-vous sur la joue comme sur un tambour,                               Ô paroles,              Elles suivent dans la myrtaie,              L’Éros et l’Antéros,                            Écoutez la mer, La mer gémir au loin et crier toute seule,             Ma voix fidèle comme l’ombre,             Veut être enfin l’ombre de la vie, Veut être ô mer vivante infidèle comme toi, La mer qui a trahi des matelots sans nombre, Engloutit mes grands cris comme des dieux noyés, Et la mer au soleil ne supporte que l’ombre, Que jettent des oiseaux les ailes éployées, La parole est soudaine et c’est un Dieu qui tremble, Avance et soutiens-moi je regrette les mains, De ceux qui les tendaient et m’adoraient ensemble, Quelle oasis de bras m’accueillera demain, Connais-tu cette joie de voir des choses neuves, Et dans le port la nuit les dernières tavernes, Moi qui suis plus têtu que non l’hydre de Lerne, Seront démodés et abandonnés dans peu de temps, Me voici devant tous un homme plein de sens, Connaissant la vie et de la mort ce qu’un vivant peut connaître, Ayant éprouvé les douleurs et les joies de l’amour, Ayant vu la guerre dans l’Artillerie et l’Infanterie, Blessé à la tête trépané sous le chloroforme, Ayant perdu ses meilleurs amis dans l’effroyable lutte, Je sais d’ancien et de nouveau autant qu’un homme seul pourrait des deux savoir, Et sans m’inquiéter aujourd’hui de cette guerre, Je juge cette longue querelle de la tradition et de l’invention,                De l’Ordre et de l’Aventure, Vous dont la bouche est faite à l’image de celle de Dieu, Soyez indulgents quand vous nous comparez, À ceux qui furent la perfection de l’ordre, Nous voulons vous donner de vastes et d’étranges domaines, Où le mystère en fleurs s’offre à qui veut le cueillir, Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues, Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait, Il y a aussi le temps qu’on peut chasser ou faire revenir, Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières, Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés, Voici que vient l’été la saison violente, Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps, Ô Soleil c’est le temps de la Raison ardente,                               Et j’attends, Pour la suivre toujours la forme noble et douce, Qu’elle prend afin que je l’aime seulement, Elle vient et m’attire ainsi qu’un fer l’aimant,                   Elle a l’aspect charmant,                   D’une adorable rousse, Car il y a tant de choses que je n’ose vous dire, Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire, http://obvil.paris-sorbonne.fr/corpus/apollinaire/calligrammes.

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